Surirella Spiralis

La perle des diatomées

Dominique Voisin

 

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Faire un article sur une diatomée aussi prestigieuse, rare et facinante que la Surirella Spiralis n'est pas simple quand on a très peu de documentations autre que descriptive. Sa rareté lui confère une attraction particulière chez tous les diatomistes et provoque une vague d'émotion quand elle se présente au détour d'une lame à l'oeil du micrographe. J'ai eut le bonheur de d'en prélever quelques unes au cours d'une randonnée dans les Hautes Pyrénnées, au cirque de Troumouse exactement, dans une tourbière acide. Pour enrichir cette page dédiée à la perle des diatomées, j'ai utilisé outre mes propres images, celles d'amis microscopistes que je remercie ici vivement Jean Legrand et Bruno.

Portrait sommaire

Surrirella Spiralis est une surirellacée comme le Campylodiscus, Cymatopleura et stenopterobia, c'est donc une pseudo raphidée qu'Henry Germain décrit ainsi :

"Espèce très remarquable par la torsion de la valve, de 60 à 200µm de long, 60 à 90µm de large. Les côtes sont très fortes 15 à 30 en 100µm avec une projection des ailes très nette, ces côtes sont plus étroites que les fenêtres, lesquelles présentent une ponctuation inconstante.

Un faux ami...

On ne la rencontre que rarement dans les tourbières acides, il ne faut pas la confondre, ce qui est facile avec un Campylodiscus, vu sous un certain angle"

voici en effet son cousin Campylodiscus sous sa face "trompeuse" et sous sa face "classique...

En 1891, Jules Pelletan considérait qu'elle était une forme de passage des surirellas aux Campylodiscus, d'ailleurs, W.Smith auparavant, la classait dans ce genre, en effet, il considère qu'une fois développées sur un plan les deux diatomées sont très ressemblantes ..."elles auraient une forme elliptique, Les valves présentent des côtes rayonnantes, robustes, sur tout leur pourtour et dont on voit le profil saillant sur les ailes marginales qui les bordent..." Campylodiscus est "tordu" en forme de selles de cheval et Surirella Spiralis en forme de 8 sur son axe longitudinal.

Une diatomée rare...

Alors que Pelletan ne la signale pas comme particulièrement introuvable, 8 ans après, Van Heurck dans un ouvrage de 1899 souligne déjà sa rareté dans les eaux douces et Germain la relègue aux tourbières acides dans son livre de 1981... J'ai trouvé mes exemplaires à près de 2000m d'altitude !!!

Jean Legrand me précisais dernièrement "J'avais rencontré cette diatomée en grande quantité (!) sur des rochers suintants, milieu très particulier, dans les gorges du Cian , il y a une quinzaine d'années . J'ai encore une solution dans l'alcool de cette récolte et des préparations de l'époque. Il est vrai que je n'en ai pratiquement pas rencontré depuis..."

Quand à Bruno : "Quel ne fut mon étonnement lors de ma rencontre avec cette diatomée!!!!! C' est dans un prélèvement que je revisitais (je suis très conservateur!) que j' ai découvert cette espèce bizarre et épouvantable à photographier (épaisseur et mobilité!) en plusieurs exemplaires. Cet échantillon fut récolté dans un ruisselet dans les Ardennes belges. "

Le frustule

Le nettoyage du frustule permet de mieux appréhender la forme et le volume de cette diatomée particulièrement délicate à photographier. à gauche une vue de la face connective laissant voir une zone large et à droite la face valvaire montrant le pseudo raphé et les fortes côtes qui se terminent "en pente douce" dans la partie médiane. Le frustule est là entier avec ses deux parties epivalve et hypovalve qui sont rigoureusement identiques et parfaitement supperposées l'une au dessus de l'autre.

Une vue particulièrement esthétique de mon ami Jean

 

Le frustule en détail

une étude esthético-morphologique pour le plaisir des yeux

J'espère que ce petit tour d'horizon d'une des merveilles de la nature microscopique vous aura donner envie d'aller "chasser" la diatomée rare et curieuse, si vous en croisez quelques exemplaires dites vous bien que vous avez de la chance et notez bien votre lieu de prélèvement, ça pourra servir à d'autres microscopistes dans les générations qui suivent. Sa rareté semble être le fait de la pollution humaine, il serait vraiment dommage que disparaisse totalement cette perle des diatomées de notre micromonde...

amicalement

Dominique